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mercredi 1 octobre 2014

Sideways

Film d’Alexander Payne (2004), avec Paul Giamatti, Thomas Haden Church, Virginia Madsen, Sandra Oh, Alysia Reiner, etc…

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Alexander Payne, au Strapontin, on est fans. Le réalisateur a réussi, en quelques films, à installer un univers drôle et mélancolique, à travers des sortes d'itinéraires personnels qui ne manquent ni d'humour ni d'originalité. On avait applaudi Les Descendants et Nebraska, il était donc plus que tentant de découvrir ce Sideways qui l'avait révélé il y a quelques années.

 

vlcsnap-2014-10-01-22h47m38s94C'est une fois encore un road movie au cours duquel deux amis partent ensemble pour enterrer la vie de garçon de l'un d'entre eux. Au départ organisée autour de parties de golf et de dégustations de grands crus, la virée va bien vite déraper au gré des pulsions du futur marié, Jack, dragueur impénitent, pour ne pas dire sex addict. A partir de là, comme pour les autres films de Payne, difficile de résumer une comédie qui décrit avec beaucoup de finesse et de drôlerie les rapports entre ses différents personnages. 

 

 

 

 

vlcsnap-2014-10-01-22h52m13s12C'est assez amusant de voir d'aussi grandes théories sur les vertus du Merlot ou du Pinot Noir déballées dans un film américain, surtout avec ce que le pays trimballe comme image liée à la malbouffe. Malgré cela, Sideways convainc sans mal. Je dirais même qu'il est parfois désarmant, comme dans cette très belle scène où Virginia Madsen, qu’on n’avait plus vue à l’écran depuis belle lurette, vante avec grace et conviction les mérites d'une bonne bouteille. A priori la dernière des choses qu'on attendrait dans une telle comédie et pourtant cela passe comme une lettre à la poste.

 

 

 

vlcsnap-2014-10-01-22h54m29s123Paul Giamatti, avec sa dégaine de Droopy geek, est parfait dans la délicatesse et les sentiments en demi-teintes que le personnage ne parvient pas toujours à gérer. Face à lui, Thomas Haden Church, éternel second rôle, joue les séducteurs indécrottables avec beaucoup d'humour. L'alchimie entre les acteurs est telle que le film trouve tout naturellement son rythme et nous embarque sans mal dans un périple œnologique à la fois tendre et impayable.  

 

 

 

 

Au final donc, une très bonne surprise que ce Sideways, qui a la fraicheur d'un verre de blanc dégusté avec des potes autour d'un pique-nique improvisé. Frais au palais, délectable et grisant, voici une cuvée fort sympathique qui mérite amplement le détour.

 

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vendredi 28 février 2014

Nebraska

Film d’Alexander Payne (2013), avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb, Bob Odenkirk, Stacy Keach, etc…
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On l’avoue, sur le Strapontin, on est fan de Bruce Dern. Cet acteur, éternel second rôle, dégage quelque chose de si particulier au travers de ses différentes performances, même s’il a souvent tendance à en faire dix fois trop. Donc, du coup, savoir qu’il avait tourné sous la direction d’Alexander Payne, ça mettait l’eau à la bouche. Payne, on l’avait découvert avec ce surprenant petit film qu’était The Descendants, et qui mélangeait avec brio comédie et émotion (on vous en parle d’ailleurs ici). Ce Nebraska titillait donc sérieusement notre curiosité, et ce d’autant plus sérieusement que Dern avait décroché grâce à lui le Prix d’Interprétation au dernier Festival de Cannes.


vlcsnap-2014-02-28-00h06m51s144A l’arrivée, Nebraska est fidèle à ce qu’on pouvait en attendre. Un bien beau film, à la fois drôle et cocasse, qui évite le mélo facile pour nous livrer un portrait savoureux d’une relation père-fils. Lui est convaincu d’avoir gagné le gros lot à un tirage au sort bidon, son fils essaie de lui faire entendre raison, mais rien à faire. Les voilà donc partis pour un long voyage pour aller chercher ce fameux et hypothétique chèque. C’est donc un road movie, filmé dans un noir & blanc superbe, qui va amener le fils a découvrir un père dont il ne connait absolument rien, le tout sur fond de rencontres avec famille et anciens amis.




vlcsnap-2014-02-28-00h09m48s65Le plus formidable dans Nebraska, c’est justement qu’il amène cette émotion comme sur la pointe des pieds. Par le biais de petites scènes humoristiques et de personnages impayables (mention spéciale à June Squibb dans le rôle de la mère), on découvre petit à petit de quoi ont été faits les rapports de cet homme avec son fils. Marié sans amour, père par accident, il ne révèle jamais rien de sa vie, mais le hasard des rencontres va petit à petit éclairer son passé. Tout le talent d’Alexander Payne, c’est de savoir suggérer avec beaucoup de finesse tous ces sentiments fragiles sans jamais tomber dans la condescendance ou la facilité.



 
vlcsnap-2014-02-28-00h02m22s241Bruce Dern, bien entendu, est extraordinaire. Moins expansif qu’à son habitude, il fait des merveilles dans ce rôle de vieux bougon opaque et éteint par la vie. D’un simple regard, il réussit à nous faire comprendre tout le passé de son personnage, comme lors de cette très belle scène où il croise son amour de jeunesse. C’est du grand travail d’acteur, tout simplement. Il faut également tirer son chapeau au reste du casting (dans lequel on reconnaitra d’ailleurs  Bob Odenkirk, de la série TV Breaking Bad), qui réussit l’exploit d’être totalement convaincant et crédible, totalement au diapason d’une mise en scène sensible et à taille humaine.



Après l’excellent The Descendants, Alexander Payne prouve avec ce Nebraska son talent pour marier avec justesse comédie et émotion, et offre à Bruce Dern le rôle de sa vie, qui on l’espère ne sera pas zappé aux prochains Oscars. Une authentique et belle réussite, à découvrir toutes affaires cessantes.


 
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vendredi 22 février 2013

Les Descendants

(The Descendants)
Film d'Alexander Payne (2011), avec George Clooney, Shailene Woodley, Amara Miller, Nick Krause, Patricia Hastie, etc...
















 
 

Ah que voilà une surprise qu'elle est bonne! Un film dont on n'attend pas franchement des merveilles, qu'on s'imagine traiter de certains trucs pas vraiment passionnants, et qui au final se révèle être sacrément bon... et sans rapport aucun avec l'idée qu'on pouvait s'en faire. C'est vrai qu'au vu de l'affiche et du titre, ça faisait pas vraiment envie. Mais bon, au diable les idées préconçues, après tout c'est bien le credo du Strapontin: attendez-vous à l'inattendu!

 

 
Donc, au départ, on se pense embringué dans une saga familiale sur le partage d'une grande propriété à Hawaï, sauf qu'en définitive, tout le film va s'articuler autour d'un accident qui a plongé la femme de George Clooney dans un coma irréversible. Dès lors, The Descendants va devenir une chronique familiale douce-amère, dans laquelle un père va, petit à petit, découvrir des choses qu'il ignorait sur sa femme. En révéler trop sur l'intrigue gâcherait la surprise de la découverte. Il suffit juste de dire que le film qui en résulte est un des plus sympathiques et des plus touchants qu'on ait vu depuis bien longtemps.
 
 
 

Clooney, en père de famille largué par ses deux filles, est excellent, même si on a un peu du mal à croire que Mister Nespresso puisse être aussi misérable que le héros du film. The Descendants donne une dimension à la fois humoristique et attendrissante aux rapports qu'il entretient avec elles. C'est finalement un itinéraire de découverte auquel on nous convie, quelque chose de très personnel mais qui sait rester drôle et attachant et ne verse jamais, malgré le sujet, dans l'apitoiement ou la larme facile.
 
 
 

Une belle découverte, donc, bercée par une bande son on ne peut plus cool et 100% hawaian style. Ne vous laissez donc pas rebuter par ce que vous pourrez connaître du sujet, et laissez vous embarquer pour cette tranche de vie au ton unique et définitivement enthousiasmant. Vous ne le regretterez pas.