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mardi 29 juillet 2014

Noé

(Noah)

Film de Darren Aronofsky (2014), avec Russell Crowe, Jennifer Connelly, Emily Watson, Ray Winstone, Anthony Hopkins, etc…

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Darren Aronofsky est l'un des metteurs en scène les plus prometteurs de ces dernières années. Après avoir ouvert les hostilités avec un Pi surprenant, mais surtout un Requiem For a Dream déjà culte (on vous en parle d’ailleurs ici et ), le réalisateur a ensuite suivi un parcours passionnant, dans lequel la prise de risque et l'audace esthétique sont toujours demeurées des éléments fondamentaux. Depuis l'approche minimaliste de The Wrestler jusqu'aux délires paranoïaques de Black Swan, en passant par la mise en images hallucinée de The Fountain, il a su prouver non seulement l'éclectisme de son talent, mais également une approche très visuelle de la mise en scène.

 

vlcsnap-2014-07-29-21h50m44s73Noé est un projet difficile qu'Aronofsky essayait de monter depuis des années, et qu'il a même décliné sous forme de BD avec l'aide du dessinateur Niko Henrichon. On comprend un peu la frilosité des producteurs, car ce Noé-là n'a plus grand'chose à voir avec ce que la Bible en raconte. Aronofsky en fait un héros à la Mad Max. Oubliez donc d'emblée les tableaux monumentaux à la DeMille : le réalisateur interprète et réinvente la Bible à sa manière et refait le monde dans une approche qui tient à la fois de Ridley Scott pour le réalisme et de Peter Jackson pour le spectaculaire.

 

 

 

 

vlcsnap-2014-07-29-21h39m20s122Pour être tout à fait honnête, ça vous cueille à froid sur toute l'intro, qui annonce la couleur et met en place son univers sans vraiment se soucier du fait que le spectateur suive ou pas. C'est un monde à mi-chemin entre le post-apocalyptique et la fantasy, où on ne doit pas s'étonner de voir débarquer des géants de pierre qui semblent échappés d'un roman de Tolkien. Mais une fois qu'on a pris ses marques, Noé devient un spectacle foisonnant, dans lequel les personnages créent tout autant la surprise que l'univers visuel.

 

 

 

 

vlcsnap-2014-07-29-21h45m39s101La première originalité, c'est d'avoir fait de Noé un héros parfaitement haïssable, un homme dépassé par le destin que Dieu envisage pour lui, et qui ira jusqu'à se mettre à dos toute sa famille dans l'accomplissement de la prophétie qui lui a été dévoilée. Russell Crowe, qui ne m'avait jamais vraiment convaincu jusqu'à présent, est remarquable, dans une prestation nuancée, où l'on sent malgré tout que le personnage peut très bien partir en vrille à la moindre occasion.

 

 

 

 

vlcsnap-2014-07-29-21h42m35s39Bien entendu, le film ne sacrifie pas son côté visuel, loin de là. Les scènes attendues, comme l'arrivée des animaux ou le déluge, bénéficient de l'expertise des techniciens d'ILM et marient le grandiose et le spectaculaire. Mais c'est ailleurs que le film surprend, dans des sentiments humains jusqu’au-boutistes, qui étonnent plus d'une fois par leur violence, et un refus des conventions scénaristiques. Un gros budget oui, mais qui ne tombe pas dans les travers habituels du genre.

 

 

 

 

Au contraire, Noé reste jusqu'au bout fidèle à une vision très inhabituelle de son héros, bien loin des standards manichéens auxquels Hollywood nous a habitués. Il en résulte, du coup, un film qui manque un peu de chaleur humaine et un héros auquel on aura du mal à s'identifier. Mais cela n'enlève rien aux grandes qualités esthétiques et visuelles de la mise en scène, qui confirment définitivement Darren Aronofsky comme un auteur à suivre.

 

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vendredi 19 octobre 2012

Abîmes (Below)

Film de David Twohy (2002), avec Bruce Greenwood, Holt Mc Callany, Olivia Williams, Dexter Fletchern Nick Chinlund, etc...


 

















Personnellement, moi j’aime bien les films de sous-marins, l’ambiance claustrophobique, le sonar, les torpilles, tout ça quoi ! Ca me parle, probablement un vestige de quelques séances en tant que jeune cinéphile, allez savoir… Quoique … C’est finalement un genre taillé sur mesure pour le grand écran, puisque vous avez un cadre réduit et qui sort de l’ordinaire, des réactions humaines qui sont forcément très vives, et du suspense. Ceci dit, c’est aussi un genre dans lequel il est difficile d’innover, c’est pourquoi il faut saluer le ton inhabituel de ce Below, qui est dans son genre une petite réussite.

Sans en dévoiler de trop sur l’intrigue, disons qu’il s’agît d’un équipage de sous-marin qui recueille à son bord trois rescapés pendant la guerre. La suite est quasiment imprévisible et riche en surprises. En fait, Below mélange avec bonheur film de guerre, fantastique et thriller, sans que jamais ce patchwork ne se casse la figure. Il y a bien sûr les séquences inévitables de bombardements sous-marins et d’inondation, mais ils sont intelligemment intégrés pour servir l’histoire. On n’évite pas non plus les personnages un peu stéréotypés, mais il y a ici et là quelques petites touches assez originales et bienvenues pour compenser.


La mise en scène de David Twohy (qui s’était déjà rendu responsable du pas si mauvais Pitch Black) est directe et sans fioritures. L’exigüité du cadre n’autorise pas non plus les prouesses techniques, mais le réalisateur sait exploiter toutes les situations pour se permettre certains plans assez efficaces, et la musique de Graeme Revell, si elle n’est pas d’une originalité renversante, soutient l’action assez efficacement. Le casting est au diapason, avec des performances carrées, sans têtes vraiment connues mais avec pas mal de second rôles qu'on a vu et apprécié ailleurs. C'est tant mieux, d'ailleurs, car cela aide considérablement pour la crédibilité de l'histoire.



Le film devait être réalisé par Darren Aronofsky, qui tient d'ailleurs la double casquette de producteur et de co-scénariste. Ce dernier s’est finalement retiré de la production pour diriger l’énormissime Requiem for a Dream (d'ailleurs, ça tombe bien, il est chroniqué ici), du coup on ne peut pas vraiment lui en vouloir, même si on est très curieux de voir ce qu’il aurait pu donner sur un tel projet. En l’état, Below est l'exemple-même du suspense malin qui renouvelle avec brio un genre ultra-balisé et parvient même à surprendre, ce qui dans un domaine comme celui-ci est quand même sacrément loin d’être gagné.



Le Trombi:
Le genre de casting où on se demande constamment "Bon sang! Dans quel film je l'ai vu, lui ?". Bruce Greenwood apparaît souvent dans les gros budgets (Super 8, I Robot) et on a pu voir Olivia Williams dans le dernier Polanski, The Ghost Writer. On retrouve également deux acteurs d'Arnaques, Crimes et Botanique (Dexter Fletcher et Jason Flemyng) mais aussi Zach Galifianakis, révélé quelques années plus tard par Very Bad Trip.

Bruce Greenwood
Matthew Davis
Olivia Williams
Holt Mc Callany
Dexter Fletcher
Jason Flemyng
Zach Galifianakis
Nick Chinlund

mardi 5 avril 2011

Requiem for a Dream

Arrêts sur Images

Requiem for a Dream a été un projet très difficile à monter pour Darren Aronofsky. Le succès de son premier film, Pi, réalisé avec un budget très modeste, lui permet de choisir un projet plus risqué, l’adaptation du roman d’Hubert Selby Jr. Selby, dont le livre Last Exit to Brooklyn avait déjà été porté à l’écran, décrit dans ses œuvres un monde impitoyable où drogue, prostitution et déchéance emmènent les personnages au fond du gouffre. Un sujet pas très Hollywoodien, donc. Ce qui explique pourquoi Requiem a été financé par des producteurs indépendants, la compagnie Thousand Words, et distribué par Artisan, qui s’était fait une spécialité de soutenir des films plus difficiles.


Un style visuel très musical
Avec ses hip-hop montages, comme il les définit lui-même, Aronofsky utilise les images comme un musicien se servirait d’échantillons sonores, de samples pour construire une chanson. Par leur association très rapide, le réalisateur nous montre l’effet du shoot, très rapide et non persistant. Il est d’ailleurs répété à de nombreuses reprises dans le film, pour accentuer le côté obsessionnel.





Outre la prise de drogue, un autre montage est utilisé pour décrire l’ascension fulgurante de Harry et de son business de dealer. La rapidité des coupes traduit alors un mouvement d’une vitesse excessive, qui va finir par dépasser les personnages eux-mêmes. Notez que les images de deal sont mélangées avec d’autres montrant une prise de coke. Le son joue également un rôle capital, puisque ces montages sont bruités de manière excessive et très répétitive.







Le split-screen
Popularisé par Brian De Palma ou la série 24, ce procédé vise à partager l’écran en deux afin de montrer au spectateur deux actions simultanées. En général, l’effet est plutôt utilisé pour augmenter le suspense en créant un point de vue supplémentaire. Dans Requiem, au lieu de renforcer l’implication du spectateur, le split-screen isole les personnages, comme dans la scène d’ouverture entre Harry et sa mère. Darren Aronofsky, dès les premières images, nous fait comprendre que chacun se retrouvera finalement seul face à son destin.




 
L’effet est d’ailleurs perturbant sur la scène d’amour, dans laquelle les images des deux amants sont légèrement décalées l’une par rapport à l’autre.





Distorsions de la réalité
Des quatre histoires, la plus poignante est sans doute celle de Sara. C’est aussi la plus explicite sur le plan visuel, puisque le réalisateur appuie ses hallucinations par l’utilisation d’objectifs déformants. Le fish eye, qui arrondit et altère la perspective, est utilisé à de nombreuses reprises, notamment lors de la scène de visite chez le médecin.







La SnorriCam
Déjà utilisé dans Pi, ce procédé consiste à fixer la caméra sur l’acteur lui-même, au moyen d’un harnais. Ainsi, à l’image, l’acteur reste fixe alors que le décor bouge.



L’effet est donc assez déstabilisant et crée un effet de vertige, ce qui est assez approprié dans des scènes où les personnages du film perdent contact avec la réalité.


Ellen Burstyn harnachée pour sa scène de SnorriCam


Chacun d’entre eux possède d’ailleurs sa propre séquence de SnorriCam, sauf Harry. La séquence a été tournée, mais le réalisateur n’était pas satisfait du résultat, il l’a donc supprimée du film.


... et Marlon Wayans équipé à l'identique!




L’accéléré
Pour accentuer la perte de la notion du temps, Aronofsky utilise l’accéléré dans une très belle scène où l’on voit Sara faire le ménage à toute vitesse dans son appartement. L’innovation, c’est qu’au lieu d’être en plan fixe, la caméra bouge pendant la séquence.


Décomposition des plans de la séquence du "ménage"


Le résultat a été obtenu grâce à une caméra contrôlée par ordinateur, la « Milo », qui était réglée pour enregistrer l’action au ralenti. Un effet similaire est utilisé lorsque Sara fuit son appartement et se retrouve dans la rue.




Le Rythme du Film
Il s’accélère au fur et à mesure de la progression de l’histoire. Les scènes plus lentes du début nous permettent de mieux nous identifier avec les personnages, puis imperceptiblement, leur durée diminue de plus en plus, le montage s’accélère jusqu’au final, qui nous montre simultanément les quatre destins qui se brisent de la manière la plus atroce qui soit. Comme le dit Big Tim dans le film... "Showtime!", et c'est parti pour 10 minutes d'une intensité incroyable, que leur montage en parallèle rend plus puissantes encore.





Jugée trop intense par le comité de censure américain, la séquence vaudra à Requiem le visa maximum avant le X , le NC-17, qui le condamne à un circuit de salles restreint et une absence de publicité. Néanmoins, Artisan, le distributeur du film, aura le courage de distribuer tel quel, au lieu de le faire remonter pour satisfaire la Censure. Pour satisfaire certaines chaînes de distribution vidéo, Aronofsky travaillera sur une version "adoucie", faisant sauter quelques plans jugés trop choquants. Ce montage ne sera exploité qu'aux USA, celui distribué en France correspond à la version intégrale.


Tappy Tibbons
L’émission de télé qui obsède Sara est bien sûr parfaitement imaginaire. C’est une sorte de séminaire où un présentateur nommé Tappy Tibbons vous propose de changer votre vie en 30 jours.





C’est l’acteur Christopher Mc Donald, habitué des séries TV, qui le personnifie brillamment. Le programme, sorte de mixte entre le télé-achat et les variétés, est plus vrai que nature (et pour cause ! Aronofsky a même créé de fausses pubs qu’on peut trouver en supplément sur le DVD du film !). De façon assez humoristique, il est d'ailleurs totalement en phase avec le thème du film, la dépendance, puisqu'il propose d'améliorer son quotidien par la privation (3 règles: "Pas de sucre", "Pas de viande rouge" et "Pas d'orgasme"!).




Et après ?
La critique a été assez partagée sur Requiem, mais a globalement applaudi le travail de mise en scène de Darren Aronofsky. Ce dernier tournera ensuite, plusieurs années plus tard, le très beau The Fountain, un film inclassable qui sera hélas boudé par le public et une bonne partie de la critique. Mais la véritable révélation, ce sera The Wrestler, superbe évocation de la vie d'une superstar du catch sur le retour, avec un Mickey Rourke bouleversant. Une rupture totale avec Requiem, puisqu'il sera tourné dans un style quasi-documentaire. Enfin, Black Swan renouera avec les personnages torturés par leurs hallucinations, mais dans une forme beaucoup plus classique.


dimanche 3 avril 2011

Requiem for a Dream

Film de Darren Aronofsky (2000), avec Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans, etc.






























Il y a des films qui se reçoivent comme une grosse baffe dans la tête. Requiem for a Dream est de ceux-là. Darren Aronofsky avait déjà marqué les esprits avec un premier film très prometteur, Pi. Avec ce second film, il passe à la vitesse supérieure et nous livre une œuvre coup de poing, dont les images marquent longtemps après la projection.




Le film suit les destins de quatre personnages, tous victimes, à des degrés divers, de leur dépendance. Sarah, la mère, est une accro de télé qui est convaincue qu’elle va passer un jour sur le petit écran. Harry, son fils, est un camé qui veut s’improviser dealer, en compagnie de sa copine Marion et de son pote Tyrone. Petit à petit, chacun va être aspiré dans une spirale infernale qui finira par avoir raison de lui.










Rythmé par le passage des saisons, qui s’abattent sur les personnages avec la violence d’un rideau de fer, Requiem nous emmène de plus en plus loin dans la folie, le glauque et le dérangeant, jusqu’à un final éprouvant, qui ne laisse aucune échappatoire possible. Le réalisateur a d’ailleurs décrit les 10 dernières minutes du film comme « un tour de grand-huit qui se termine dans un mur de béton ».










Toute la force de Requiem for a Dream vient de l’incroyable inventivité de sa mise en scène. Afin de nous faire ressentir au maximum les émotions de ses personnages, Aronofsky utilise toutes les ressources visuelles et sonores dont il dispose avec une assurance et un brio incroyable. Split-screen, images accélérées et montage ultra-rapide nous plongent au cœur du ressenti de la drogue.










On a beaucoup reproché au film de jouer sur ce genre d’effets et de manipuler son public. Il faut pourtant bien reconnaître que tous ces trucs de mise en scène ne sont jamais utilisés de manière gratuite, mais au contraire s’intègrent remarquablement à l’histoire. Cela pourrait virer au catalogue ou à la simple démonstration de virtuosité, or le fait est que l’aspect visuel complète une intrigue qui n’oublie jamais le côté humain.


Dans ce registre, il faut saluer l’incroyable performance d’Ellen Burstyn. Celle qui tenait jadis le rôle principal de The Exorcist trouve ici le rôle de sa vie. Son personnage de Sarah Goldfarb est tellement simple et émouvant, accro de la télévision pour acquérir une reconnaissance auprès de son entourage, accrochée à un passé qu’elle tente désespérément de faire revivre par le biais d’une robe rouge qu’il lui est impossible de remettre parce qu’elle a grossi. Aidée par un travail sur le maquillage discret mais très efficace, sa métamorphose tout au long du film est particulièrement émouvante, et la scène où elle se retrouve, hirsute, à demander son chemin dans le métro est véritablement poignante. En un instant, elle nous fait toucher du doigt ce que peut avoir été le parcours d’un paumé croisé dans la rue : nous comprenons que n’importe qui peut, suivant les circonstances, tomber au plus bas.






Burstyn se donne à fond dans son rôle, n’hésitant pas à s’enlaidir à l’extrême, mais sachant aussi faire la preuve d’une très grande sensibilité. La dernière scène avec son fils Harry est un grand moment : elle lui explique, avec des sanglots dans la voix, comment la télévision est devenue une véritable raison d’être depuis qu’elle a perdu son mari. L’actrice, pourtant nominée aux Oscars, perdra au profit de Julia Roberts dans le très moyen Erin Brokovich…Les trois autres personnages sont plus classiques, mais les acteurs livrent des performances solides, en particulier Jennifer Connelly qui descendra très très loin dans la déchéance à la fin du film.






La photographie de Matthew Libatique, est parfois très stylisée, mais toujours très originale. Elle intègre parfaitement bon nombre d’effets visuels, dont certains parfois très simples. Ainsi le split-screen, qui partage l’écran en deux actions parallèles, accentue t’il l’isolement des personnages. Une très belle scène d’amour entre Harry et Marion montre les deux amants séparés visuellement l’un de l’autre, ce qui annonce subtilement la conclusion du film. A d’autres moments, la caméra, litérallement attachée aux personnages, nous communique leur vertige.









Le montage, signé Harry Rabinowitz, est particulièrement efficace, presque musical dans sa manière de mélanger les images, non seulement dans les séquences de prise de speed (les « hip hop montages » comme les appelle Darren Aronofsky), mais aussi lors du dénouement, où quatre actions parallèles se mélangent jusqu’au vertige pour former l’une des séquences les plus éprouvantes qui soient. Aronofsky utilise également avec beaucoup de subtilité les ressources du Dolby, poussant à l’extrême l’utilisation des bruitages et de leur répartition spatiale.








Enfin, impossible de parler du film sans mentionner l’extraordinaire partition musicale de Clint Mansell. Ce musicien, transfuge de la pop (il était chanteur guitariste du groupe Pop Will Eat Itself), signe une œuvre remarquable, dans laquelle les mélodies sombres d’un quartet de cordes (le Kronos Quartet) voisinent avec des effets de scratch. Le thème principal, par sa noirceur, scelle définitivement le destin des personnages. Lors du final, les thèmes se déstructurent et les sonorités des violons se font de plus en plus agressives, comme pour les accompagner vers l’enfer. En dépit de son caractère très sombre, la B.O. remportera un franc succès et sera réutilisée très souvent, pour accompagner bandes-annonces, reportages, ou même … émissions de variétés !





Darren Aronofsky prouvera, avec ses films suivants (The Wrestler et Black Swan), la diversité de son talent. Sa réussite, ici, c’est d’être arrivé à penser son histoire en termes uniquement visuels sans jamais verser dans la gratuité. L’ingéniosité et la virtuosité de son style évoquent parfois le meilleur de De Palma ou Scorsese. Requiem for a Dream est une expérience unique, qui vous ébahit et vous malmène pendant toute la durée de sa projection. Le clip anti-drogue par excellence, mais sans le côté didactique, et sans hésiter l’un des films les plus marquants du début de la décennie 2000.









Le Trombinoscope
Un casting très diversifié, puisqu’il mélange talents confirmés, têtes connues et contre-emplois surprenants. Jared Leto avait fait ses classes chez Fincher dans Fight Club, et Aronofsky a tout de même eu le culot d’imposer Marlon Wayans, transfuge de Scary Movie, dans un rôle dramatique, dont il se sort ma foi plutôt bien. Parmi les autres, on aura beaucoup vu Christopher Mc Donald dans des séries TV, Louise Lasser dans les premiers Woody Allen (Bananas, entre autres), Sean Gullette dans Pi, le précédent film d’Aronofsky et Keith David dans The Thing de John Carpenter.


Ellen Burstyn
Jared Leto
Marlon Wayans
Jennifer Connelly
Christopher Mc Donald
Louise Lasser
Marcia Jean Kurtz
Sean Gullette
Keith David
Dylan Baker

Peter Maloney



Les caméos
Ce sont des apparitions clins d'oeil, généralement très brèves, d'amis ou de proches du réalisateur.


Hubert Selby Jr (auteur du roman original)
Abraham Aronofsky (père du réalisateur)
James Chinlund (chef décorateur du film)



La Petite Madeleine
Ceux qui ont vu Requiem en salles vous le diront tous: l'impact du film n'est pas le même au cinéma et sur un écran de télé. L'effet des gros plans utilisés durant les hip hop montages est encore plus violent. C'est aussi un film où le son joue un rôle capital, d'où la nécessité de le voir dans une salle équipée en Dolby. Malheureusement pour moi, ce ne fût pas le cas. Les salles art et essai d'Orléans, à l'époque, étaient non seulement inconfortables, mais aussi très très mal équipées. Aujourd'hui, on peut trouver très facilement le film dans une série DVD économique, mais je ne suis pas certain que le transfert soit très bon. La première édition StudioCanal est à recommander, encore que l'image soit perfectible.


A suivre: un retour en coulisses sur le visuel et la technique du film. C’est par là !