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lundi 27 février 2012

La Nuit des Juges (The Star Chamber)

Film de Peter Hyams (1983), avec Michael Douglas, Yaphet Kotto, Hal Holbrook, James B. Sikking, Sharon Gless, etc...

















Une fois n’est pas coutume, on fait rebelote sur le Strapontin en consacrant une nouvelle critique à Peter Hyams, dont nous avions déjà chroniqué Outland il y a quelques jours. Non, non, nous ne nous sommes pas lancés dans un cycle de visionnage des œuvres du réalisateur, c’est juste, comme on dit à la télé, « les hasards de la programmation ». Cela faisait pas mal de temps que le DVD de The Star Chamber traînait sur une étagère donc hier soir, ni une ni deux, hop, ayé, dans le lecteur ! Je gardais un souvenir plutôt bon de ce film, comme pour la plupart des autres films de Peter Hyams, d’ailleurs. Sauf qu’en revoyant Outland, je m’étais pris une bonne claque et que pas mal de défauts que j’avais occultés jusqu'alors m’avaient sauté aux yeux. J’étais donc un peu réticent avec celui-là.


L’intrigue de The Star Chamber est ingénieuse : il s’agît d’une société secrète, formée par des juges, qui pallie aux manquements de la justice en punissant les criminels qui ont échappé à la condamnation grâce à des vices de procédure. Dans le film, Michael Douglas, juge intègre et propre sur lui, va être amené à rejoindre cette confrérie, mais va vite se rendre compte que les choses ne sont pas si simples que cela. C’est gentiment manipulateur dans une première partie plutôt captivante, où Hyams titille l’indignation du spectateur moyen en innocentant des crapules que l’on sait coupables de véritables atrocités.


Ceci dit, Star Chamber a quand même l’honnêteté d’aller jusqu’au bout de son idée : et si les personnes condamnées par cette chambre des juges étaient effectivement innocentes ? Là, on tombe dans le film d’action pur et simple, Michael Douglas mouille la chemise pour éviter la catastrophe et ça défouraille pas mal. Malheureusement, le film ne peut pas s’empêcher de fausser un peu les choses, puisque les innocents se révèlent au final pas si innocents que ça. Le scénario s’emmêle un peu les pinceaux sur la fin, histoire de justifier une ou deux séquences d’action pas vraiment indispensables. De même, la conclusion est un peu vite expédiée.


Et le réalisateur dans tout ça ? En fait, Star Chamber ressemble un peu à Outland par son mélange des genres pas vraiment assumé et pas toujours très efficace. Si la partie « juridique » est bien menée, elle est entachée par ce besoin incessant de vouloir faire du spectacle, avec des séquences d’action qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. Cela n’apporte rien à l’intrigue et on a un peu l’impression que Hyams essaie de contenter tout le monde. La partie « policière » en particulier, est d’une mollesse à faire peur, avec un Yaphet Kotto qu’on dirait sous Lexomil. Par contre, il faut reconnaître au réalisateur un réel savoir-faire : les poursuites sont mises en scène avec du punch et une grande énergie visuelle. La photographie nottament, signée Richard Hannah, est particulièrement soignée, et la musique du trop rare Michael Small renforce avec sobriété l'ambiance de paranoïa ambiante.


Finalement, on se rend compte avec un peu de recul que pas mal de thrillers américains des années 70-80 ne savaient pas très bien sur quel pied danser et essayaient de mélanger les genres en fonction de ce qui marchait bien à l’époque. On a un peu le même sentiment qu’en revoyant Stakeout, dont nous avons récemment parlé, sauf qu’ici, il manque la décontraction qu’on pouvait trouver chez un John Badham. Cela donne un divertissement joliment troussé et ma foi plutôt agréable, même s’il évite soigneusement d’aller jusqu’au bout de son sujet.


lundi 20 février 2012

Outland

Film de Peter Hyams (1981), avec Sean Connery, Peter Boyle, Frances Sternhagen, James B. Sikking, Kika Markham, etc… 






















A Hollywood, rien ne perd, rien ne se crée, tout se transforme …Même les idées de film, visiblement ! Il faut avouer que le recyclage est quand même bien pratique pour les scénaristes en mal d’inspiration. Sauf que seulement voilà, au bout d’un moment, on épuise un peu toutes les possibilités, c’est ballot ! Ce serait compter sans l’imagination féconde des équipes créatives : « Hey ! Si on prenait un sujet de western et qu’on en faisait un film de SF ? ». Mine perplexe des producteurs. Et pourtant, c’est à ce joli tour de passe-passe que s’est livré Peter Hyams avec Outland, pour un résultat qui, à défaut d’être un classique, est un bon divertissement.



La trouvaille du film, c’est d’avoir récupéré la trame dramatique d’un grand classique du western (High Noon, ou en VF Le Train Sifflera Trois Fois) : le héros seul contre tous, qui lutte pour sa survie (et aussi pour la vérité) dans une ville corrompue jusqu’à la moelle. Ici, le cadre est une exploitation minière sur Io, une des lunes de Jupiter, où des ouvriers sont victimes d’accidents particulièrement gore (du genre à laisser de la barbaque collée sur les murs). Le sheriff  (Sean Connery) – car c’en est bien un – enquêtera et finira par mettre à jour une machination, ce qui en fera l’homme à abattre…




Au moment de sa sortie, Outland a été salué comme un thriller futé et bien ficelé. A le revoir quelques années plus tard, on sera quand même un petit peu plus critique, tant il est évident que le film pioche ses bonnes idées à droite et à gauche. Outre l’histoire, le cadre n’est pas non plus particulièrement original, dans la mesure où Hyams a récupéré sans vergogne le design d’Alien. Cette similitude était d’ailleurs complètement assumée, puisque le réalisateur avait fait circuler des mémos durant le tournage pour que le look de son film se rapproche le plus possible de celui de Ridley Scott. A ceci près que dans Alien, le décor concourait à créer une ambiance. Ici, c’est juste un cadre neutre qui participe au manque d’identité du film.




Soyons honnête : il y a quand même de bonnes choses dans Outland. Les rapports entre le héros et la toubib (Frances Sternhagen, excellente) sont savoureux et pleins de verve. De même, le film assure parfaitement son quota de spectacle, avec des scènes d’action bien menées, dont l’efficacité est renforcée par une utilisation intelligente de la Steadicam. Par contre, il y a aussi des aspects sous-développés, comme l’environnement familial du héros. Il y avait une idée intéressante à creuser, avec le personnage du fils qui a toujours vécu dans l’espace et n’a jamais vu la Terre. Le réalisateur la met de côté et ne s’en sert que comme un ressort dramatique un peu facile pour laisser le héros seul face à ses ennemis. Carton rouge également pour les effets spéciaux, qui fleurent bon la maquette et les transparences, et ceci en dépit d’un nouveau procédé soi-disant révolutionnaire, l’Introvision.



Outland est en définitive sauvé par l’adresse de sa réalisation, carrée et fonctionnelle. Ca en fait un bon petit spectacle, bien fichu et agréable à suivre, malgré ses emprunts manifestes et un manque flagrant de personnalité.