lundi 11 avril 2011

Sidney Lumet (1924-2011)

Un petit mot pour signaler la disparition du réalisateur américain Sidney Lumet. Pas un chouchou du grand public, mais un metteur en scène discret, qui savait s'effacer derrière son sujet. Il a donné au cinéma américain quelques uns de ses grands moments: la confrontation des jurés de Douze Hommes en Colère, le hold-up raté d'Un Après-Midi de Chien, le cauchemar nucléaire de Point Limite, le cambriolage du Gang Anderson... plus ce qui reste un de mes films de chevet, son impitoyable charge contre la télévision qu'est Network. Un film visionnaire qui, même 30 ans après sa sortie, sonne toujours aussi juste. J'y reviendrai dans une prochaine chronique.

Le Royaume de Ga'Hoole - La Légende des Gardiens

(Legend of the Guardians: The Owls of Ga'Hoole)

Film de Zack Snyder (2010) avec les voix d'Emily Barclay, Jim Sturgess, Geoffrey Rush, Helen Mirren, etc.




















Quoi de plus improbable qu’un film avec des chouettes, qui plus est réalisé par Zack Snyder (qui avait quand même signé ce sommet du peplum couillu qu’est 300) ? Eh bien, détrompez-vous ! Si l’association peut prêter à sourire, le résultat est un beau film d’animation qui devrait enchanter toute la famille.



Décidément, on aura tout vu dans le domaine des images de synthèse ! Alors des chouettes, pourquoi pas ? L’intrigue est assez convenue, avec des arrières-plans myhologiques qui finissent par devenir une réalité pour les deux jeunes héros de l’histoire. D’emblée, la bonne idée, c’est d’avoir basé tous les personnages sur des races de chouettes différentes. Il y en a tellement qu’on se dit au début que les concepteurs du film se sont lâchés et en ont inventés certains, eh bien non.




D’ailleurs, de manière assez éducative, le DVD vous en apprend un sacré rayon dans ce domaine, donc sans avoir la lourdeur d’un cours d’ornithologie, le film est quand même sacrément documenté. L’histoire, bien que prévisible, est assez agréable à suivre, et le design des personnages est assez bluffant : les chouettes sont tellement mignonnes et la texture de leurs plumes tellement réussie qu’on a illico presto envie de les adopter !






Mais là où Legend of the Guardians assure vraiment, c’est dans tout son aspect visuel. Déjà, dès les premières images où une chouette vole autour du logo Warner Bros, on se dit que ça va être du lourd ! Les décors, tout d’abord, sont d’un luxe de détails incroyable, et certains plans sont vraiment d’une beauté renversante. Et comme si cela ne suffisait pas, Snyder filme les séquences de vol de manière ultra-dynamique et ses héros comme s’ils étaient des avions de combat. C’est visuellement époustouflant, et toujours lisible, au contraire de bien des films d’action actuels.


On retrouve, en clin d’œil visuel, les effets de ralenti/accéléré chers au réalisateur, toujours utilisés en situation. Il n’y a guère que la musique, pompière et omniprésente, qui en fasse trop. L'ambiance teintée de magie rappelle même, à certains moments, ce petit chef d'oeuvre méconnu du dessin animé qu'est The Secret of NIMH. Bien sûr, on pourra trouver que la luxuriance de cet univers évoque plus d’une fois Avatar, mais je dois avouer bien humblement que les volatiles de Snyder m’ont davantage convaincus que les schtroumpfs de Cameron. En conclusion, un film rudement chouette !






samedi 9 avril 2011

Sans Plus Attendre (The Bucket List)

Film de Rob Reiner (2007) avec Morgan Freeman, Jack Nicholson, Rob Morrow, Sean Hayes, Beverly Todd, etc.  


A priori, je n’en attendais pas grand’chose. Au moins je me disais que ce film, calibré pour deux mégastars, avait au moins pour lui un pitch de départ assez intriguant : deux patients en phase terminale qui décident de concrétiser leurs rêves les plus fous avant leur mort. Je comptais aussi un peu sur la présence derrière la caméra de Rob Reiner, qui avait quand même signé à ses débuts des choses bien agréables comme The Sure Thing, Stand by Me ou When Harry Met Sally. Peine perdue! The Bucket List est une comédie formatée sur mesure et sans une once de surprise. Morgan Freeman nous ressert son numéro de vieux sage, Jack Nicholson fait du Nicholson, bref rien de nouveau sous le soleil. Pourtant, si les scénaristes s’étaient seulement donnés la peine de creuser un peu leur sujet, au lieu de faire dans l’émotion facile… 

Pire, les deux monstres sacrés n’ont même pas des dialogues à la hauteur. Ce ne sont que banalités sur la nécessité d’apporter le bonheur autour de soi, de ne pas vivre que pour soi-même, le tout débité dans des décors de carte postale. Le film aurait au moins pu avoir une certaine valeur sur le plan humain, mais ce n’est même pas le cas, puisqu’on vous y démontre que finalement, pour bien vivre sa mort, il suffit d’avoir un milliardaire comme compagnon de chambre, ça aide pour réaliser ses rêves ! Donc, au final, une rencontre Freeman/Nicholson complètement foirée qui donne un mélo aux allures de mauvais téléfilm. 


mardi 5 avril 2011

Requiem for a Dream

Arrêts sur Images

Requiem for a Dream a été un projet très difficile à monter pour Darren Aronofsky. Le succès de son premier film, Pi, réalisé avec un budget très modeste, lui permet de choisir un projet plus risqué, l’adaptation du roman d’Hubert Selby Jr. Selby, dont le livre Last Exit to Brooklyn avait déjà été porté à l’écran, décrit dans ses œuvres un monde impitoyable où drogue, prostitution et déchéance emmènent les personnages au fond du gouffre. Un sujet pas très Hollywoodien, donc. Ce qui explique pourquoi Requiem a été financé par des producteurs indépendants, la compagnie Thousand Words, et distribué par Artisan, qui s’était fait une spécialité de soutenir des films plus difficiles.


Un style visuel très musical
Avec ses hip-hop montages, comme il les définit lui-même, Aronofsky utilise les images comme un musicien se servirait d’échantillons sonores, de samples pour construire une chanson. Par leur association très rapide, le réalisateur nous montre l’effet du shoot, très rapide et non persistant. Il est d’ailleurs répété à de nombreuses reprises dans le film, pour accentuer le côté obsessionnel.





Outre la prise de drogue, un autre montage est utilisé pour décrire l’ascension fulgurante de Harry et de son business de dealer. La rapidité des coupes traduit alors un mouvement d’une vitesse excessive, qui va finir par dépasser les personnages eux-mêmes. Notez que les images de deal sont mélangées avec d’autres montrant une prise de coke. Le son joue également un rôle capital, puisque ces montages sont bruités de manière excessive et très répétitive.







Le split-screen
Popularisé par Brian De Palma ou la série 24, ce procédé vise à partager l’écran en deux afin de montrer au spectateur deux actions simultanées. En général, l’effet est plutôt utilisé pour augmenter le suspense en créant un point de vue supplémentaire. Dans Requiem, au lieu de renforcer l’implication du spectateur, le split-screen isole les personnages, comme dans la scène d’ouverture entre Harry et sa mère. Darren Aronofsky, dès les premières images, nous fait comprendre que chacun se retrouvera finalement seul face à son destin.




 
L’effet est d’ailleurs perturbant sur la scène d’amour, dans laquelle les images des deux amants sont légèrement décalées l’une par rapport à l’autre.





Distorsions de la réalité
Des quatre histoires, la plus poignante est sans doute celle de Sara. C’est aussi la plus explicite sur le plan visuel, puisque le réalisateur appuie ses hallucinations par l’utilisation d’objectifs déformants. Le fish eye, qui arrondit et altère la perspective, est utilisé à de nombreuses reprises, notamment lors de la scène de visite chez le médecin.







La SnorriCam
Déjà utilisé dans Pi, ce procédé consiste à fixer la caméra sur l’acteur lui-même, au moyen d’un harnais. Ainsi, à l’image, l’acteur reste fixe alors que le décor bouge.



L’effet est donc assez déstabilisant et crée un effet de vertige, ce qui est assez approprié dans des scènes où les personnages du film perdent contact avec la réalité.


Ellen Burstyn harnachée pour sa scène de SnorriCam


Chacun d’entre eux possède d’ailleurs sa propre séquence de SnorriCam, sauf Harry. La séquence a été tournée, mais le réalisateur n’était pas satisfait du résultat, il l’a donc supprimée du film.


... et Marlon Wayans équipé à l'identique!




L’accéléré
Pour accentuer la perte de la notion du temps, Aronofsky utilise l’accéléré dans une très belle scène où l’on voit Sara faire le ménage à toute vitesse dans son appartement. L’innovation, c’est qu’au lieu d’être en plan fixe, la caméra bouge pendant la séquence.


Décomposition des plans de la séquence du "ménage"


Le résultat a été obtenu grâce à une caméra contrôlée par ordinateur, la « Milo », qui était réglée pour enregistrer l’action au ralenti. Un effet similaire est utilisé lorsque Sara fuit son appartement et se retrouve dans la rue.




Le Rythme du Film
Il s’accélère au fur et à mesure de la progression de l’histoire. Les scènes plus lentes du début nous permettent de mieux nous identifier avec les personnages, puis imperceptiblement, leur durée diminue de plus en plus, le montage s’accélère jusqu’au final, qui nous montre simultanément les quatre destins qui se brisent de la manière la plus atroce qui soit. Comme le dit Big Tim dans le film... "Showtime!", et c'est parti pour 10 minutes d'une intensité incroyable, que leur montage en parallèle rend plus puissantes encore.





Jugée trop intense par le comité de censure américain, la séquence vaudra à Requiem le visa maximum avant le X , le NC-17, qui le condamne à un circuit de salles restreint et une absence de publicité. Néanmoins, Artisan, le distributeur du film, aura le courage de distribuer tel quel, au lieu de le faire remonter pour satisfaire la Censure. Pour satisfaire certaines chaînes de distribution vidéo, Aronofsky travaillera sur une version "adoucie", faisant sauter quelques plans jugés trop choquants. Ce montage ne sera exploité qu'aux USA, celui distribué en France correspond à la version intégrale.


Tappy Tibbons
L’émission de télé qui obsède Sara est bien sûr parfaitement imaginaire. C’est une sorte de séminaire où un présentateur nommé Tappy Tibbons vous propose de changer votre vie en 30 jours.





C’est l’acteur Christopher Mc Donald, habitué des séries TV, qui le personnifie brillamment. Le programme, sorte de mixte entre le télé-achat et les variétés, est plus vrai que nature (et pour cause ! Aronofsky a même créé de fausses pubs qu’on peut trouver en supplément sur le DVD du film !). De façon assez humoristique, il est d'ailleurs totalement en phase avec le thème du film, la dépendance, puisqu'il propose d'améliorer son quotidien par la privation (3 règles: "Pas de sucre", "Pas de viande rouge" et "Pas d'orgasme"!).




Et après ?
La critique a été assez partagée sur Requiem, mais a globalement applaudi le travail de mise en scène de Darren Aronofsky. Ce dernier tournera ensuite, plusieurs années plus tard, le très beau The Fountain, un film inclassable qui sera hélas boudé par le public et une bonne partie de la critique. Mais la véritable révélation, ce sera The Wrestler, superbe évocation de la vie d'une superstar du catch sur le retour, avec un Mickey Rourke bouleversant. Une rupture totale avec Requiem, puisqu'il sera tourné dans un style quasi-documentaire. Enfin, Black Swan renouera avec les personnages torturés par leurs hallucinations, mais dans une forme beaucoup plus classique.


dimanche 3 avril 2011

Borsalino

Un film de Jacques Deray (1970) avec Bébel, Delon, Catherine Rouvel, Michel Bouquet et plein de gus avec des mitraillettes.





















Oula! Je sens certains frémir: le vénérable auteur de ce blog va t'il critiquer tout et n'importe quoi? Ma foi, c'était un peu le principe de ce "Strapontin en Enfer", dont il faudra un jour que je vous narre l'historique, et puis oui, c'est quand même bien sympa de pouvoir se caler un petit nanar de temps en temps, histoire de rigoler un peu, non? ... Ceci dit, qu'est-ce qui m'a pousser à me fumer ce film? La curiosité. Etant gosse, j'avais ingurgité la musiquette de Claude Bolling à hautes doses à la radio, et je me demandais bien pourquoi un film avec Bébel et Delon pouvait être interdit aux moins de 13 ans. La réponse? C'est un film de gangsters un peu plus sanglant que la moyenne, mais pas beaucoup plus brillant hélas. Je dirais même que c'est assez mauvais, tellement passionnant que ça m'a même valu un petit roupillon, c'est dire! La réalisation poussive de Jacques Deray, passe encore, mais en plus vous avez Delon! Ah! Delon qui en fait des caisses dans son personnage de beau gosse ténébreux (et gominé!), et dont le patronyme est aussi celui d'une superstar du film de boules... tout un poème! Pour cinéphiles masochistes, uniquement.

Requiem for a Dream

Film de Darren Aronofsky (2000), avec Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans, etc.






























Il y a des films qui se reçoivent comme une grosse baffe dans la tête. Requiem for a Dream est de ceux-là. Darren Aronofsky avait déjà marqué les esprits avec un premier film très prometteur, Pi. Avec ce second film, il passe à la vitesse supérieure et nous livre une œuvre coup de poing, dont les images marquent longtemps après la projection.




Le film suit les destins de quatre personnages, tous victimes, à des degrés divers, de leur dépendance. Sarah, la mère, est une accro de télé qui est convaincue qu’elle va passer un jour sur le petit écran. Harry, son fils, est un camé qui veut s’improviser dealer, en compagnie de sa copine Marion et de son pote Tyrone. Petit à petit, chacun va être aspiré dans une spirale infernale qui finira par avoir raison de lui.










Rythmé par le passage des saisons, qui s’abattent sur les personnages avec la violence d’un rideau de fer, Requiem nous emmène de plus en plus loin dans la folie, le glauque et le dérangeant, jusqu’à un final éprouvant, qui ne laisse aucune échappatoire possible. Le réalisateur a d’ailleurs décrit les 10 dernières minutes du film comme « un tour de grand-huit qui se termine dans un mur de béton ».










Toute la force de Requiem for a Dream vient de l’incroyable inventivité de sa mise en scène. Afin de nous faire ressentir au maximum les émotions de ses personnages, Aronofsky utilise toutes les ressources visuelles et sonores dont il dispose avec une assurance et un brio incroyable. Split-screen, images accélérées et montage ultra-rapide nous plongent au cœur du ressenti de la drogue.










On a beaucoup reproché au film de jouer sur ce genre d’effets et de manipuler son public. Il faut pourtant bien reconnaître que tous ces trucs de mise en scène ne sont jamais utilisés de manière gratuite, mais au contraire s’intègrent remarquablement à l’histoire. Cela pourrait virer au catalogue ou à la simple démonstration de virtuosité, or le fait est que l’aspect visuel complète une intrigue qui n’oublie jamais le côté humain.


Dans ce registre, il faut saluer l’incroyable performance d’Ellen Burstyn. Celle qui tenait jadis le rôle principal de The Exorcist trouve ici le rôle de sa vie. Son personnage de Sarah Goldfarb est tellement simple et émouvant, accro de la télévision pour acquérir une reconnaissance auprès de son entourage, accrochée à un passé qu’elle tente désespérément de faire revivre par le biais d’une robe rouge qu’il lui est impossible de remettre parce qu’elle a grossi. Aidée par un travail sur le maquillage discret mais très efficace, sa métamorphose tout au long du film est particulièrement émouvante, et la scène où elle se retrouve, hirsute, à demander son chemin dans le métro est véritablement poignante. En un instant, elle nous fait toucher du doigt ce que peut avoir été le parcours d’un paumé croisé dans la rue : nous comprenons que n’importe qui peut, suivant les circonstances, tomber au plus bas.






Burstyn se donne à fond dans son rôle, n’hésitant pas à s’enlaidir à l’extrême, mais sachant aussi faire la preuve d’une très grande sensibilité. La dernière scène avec son fils Harry est un grand moment : elle lui explique, avec des sanglots dans la voix, comment la télévision est devenue une véritable raison d’être depuis qu’elle a perdu son mari. L’actrice, pourtant nominée aux Oscars, perdra au profit de Julia Roberts dans le très moyen Erin Brokovich…Les trois autres personnages sont plus classiques, mais les acteurs livrent des performances solides, en particulier Jennifer Connelly qui descendra très très loin dans la déchéance à la fin du film.






La photographie de Matthew Libatique, est parfois très stylisée, mais toujours très originale. Elle intègre parfaitement bon nombre d’effets visuels, dont certains parfois très simples. Ainsi le split-screen, qui partage l’écran en deux actions parallèles, accentue t’il l’isolement des personnages. Une très belle scène d’amour entre Harry et Marion montre les deux amants séparés visuellement l’un de l’autre, ce qui annonce subtilement la conclusion du film. A d’autres moments, la caméra, litérallement attachée aux personnages, nous communique leur vertige.









Le montage, signé Harry Rabinowitz, est particulièrement efficace, presque musical dans sa manière de mélanger les images, non seulement dans les séquences de prise de speed (les « hip hop montages » comme les appelle Darren Aronofsky), mais aussi lors du dénouement, où quatre actions parallèles se mélangent jusqu’au vertige pour former l’une des séquences les plus éprouvantes qui soient. Aronofsky utilise également avec beaucoup de subtilité les ressources du Dolby, poussant à l’extrême l’utilisation des bruitages et de leur répartition spatiale.








Enfin, impossible de parler du film sans mentionner l’extraordinaire partition musicale de Clint Mansell. Ce musicien, transfuge de la pop (il était chanteur guitariste du groupe Pop Will Eat Itself), signe une œuvre remarquable, dans laquelle les mélodies sombres d’un quartet de cordes (le Kronos Quartet) voisinent avec des effets de scratch. Le thème principal, par sa noirceur, scelle définitivement le destin des personnages. Lors du final, les thèmes se déstructurent et les sonorités des violons se font de plus en plus agressives, comme pour les accompagner vers l’enfer. En dépit de son caractère très sombre, la B.O. remportera un franc succès et sera réutilisée très souvent, pour accompagner bandes-annonces, reportages, ou même … émissions de variétés !





Darren Aronofsky prouvera, avec ses films suivants (The Wrestler et Black Swan), la diversité de son talent. Sa réussite, ici, c’est d’être arrivé à penser son histoire en termes uniquement visuels sans jamais verser dans la gratuité. L’ingéniosité et la virtuosité de son style évoquent parfois le meilleur de De Palma ou Scorsese. Requiem for a Dream est une expérience unique, qui vous ébahit et vous malmène pendant toute la durée de sa projection. Le clip anti-drogue par excellence, mais sans le côté didactique, et sans hésiter l’un des films les plus marquants du début de la décennie 2000.









Le Trombinoscope
Un casting très diversifié, puisqu’il mélange talents confirmés, têtes connues et contre-emplois surprenants. Jared Leto avait fait ses classes chez Fincher dans Fight Club, et Aronofsky a tout de même eu le culot d’imposer Marlon Wayans, transfuge de Scary Movie, dans un rôle dramatique, dont il se sort ma foi plutôt bien. Parmi les autres, on aura beaucoup vu Christopher Mc Donald dans des séries TV, Louise Lasser dans les premiers Woody Allen (Bananas, entre autres), Sean Gullette dans Pi, le précédent film d’Aronofsky et Keith David dans The Thing de John Carpenter.


Ellen Burstyn
Jared Leto
Marlon Wayans
Jennifer Connelly
Christopher Mc Donald
Louise Lasser
Marcia Jean Kurtz
Sean Gullette
Keith David
Dylan Baker

Peter Maloney



Les caméos
Ce sont des apparitions clins d'oeil, généralement très brèves, d'amis ou de proches du réalisateur.


Hubert Selby Jr (auteur du roman original)
Abraham Aronofsky (père du réalisateur)
James Chinlund (chef décorateur du film)



La Petite Madeleine
Ceux qui ont vu Requiem en salles vous le diront tous: l'impact du film n'est pas le même au cinéma et sur un écran de télé. L'effet des gros plans utilisés durant les hip hop montages est encore plus violent. C'est aussi un film où le son joue un rôle capital, d'où la nécessité de le voir dans une salle équipée en Dolby. Malheureusement pour moi, ce ne fût pas le cas. Les salles art et essai d'Orléans, à l'époque, étaient non seulement inconfortables, mais aussi très très mal équipées. Aujourd'hui, on peut trouver très facilement le film dans une série DVD économique, mais je ne suis pas certain que le transfert soit très bon. La première édition StudioCanal est à recommander, encore que l'image soit perfectible.


A suivre: un retour en coulisses sur le visuel et la technique du film. C’est par là !