mercredi 2 mai 2012

Contact

Film de Robert Zemeckis (1997), avec Jodie Foster, Matthew Mc Conaughey, Tom Skerritt, James Woods, John Hurt, etc...
 












 
 



Pour une fois qu’un film à gros budget ne prend pas ses spectateurs pour des cons, cela valait le mérité d’être signalé ! Avec Contact, Robert Zemeckis a réussi une véritable gageure : un film de science-fiction intelligent, qui divertit et suscite intelligemment la réflexion.
 
 
Déjà, dès les premières images, on sent que ce Contact va sortir des sentiers battus : un long travelling arrière de la caméra part de la Terre et aboutit aux confins du cosmos. En fond sonore, des bribes de paroles, des chansons, tout un environnement de signaux qui, au fur et à mesure que nous nous éloignons de notre planète, devient plus diffus pour faire place au silence total. A une époque où les bande-son font dans le décibel à outrance, il fallait oser ces quelques instants de silence.
 


 
 
Puis le film nous attache à l’histoire d’Ellie Harroway (Jodie Foster), une scientifique à la recherche de signaux en provenance de l’espace, dans le but d’y identifier une présence extra-terrestre. Elle finira par les découvrir sous la forme d’un message codé qui lui permettra d’embarquer pour un voyage vers l’infini (et au-delà !), dont la conclusion est surprenante à souhait, et a d’ailleurs désarçonné plus d’un spectateur.
 


 

 
La « tête pensante » à l’origine de Contact, c’est Carl Sagan. Pratiquement inconnu en France, ce scientifique américain a touché un très large public avec une série télévisée de vulgarisation scientifique, Cosmos. Développé pendant des années, le scénario du film connut de multiples réécritures, à tel point que Sagan finit par en tirer un roman qui rencontra un beau succès. Puis deux réalisateurs, Roland Joffé et George Miller, se succèderont pendant une phase préparatoire chaotique. La Warner Bros, mise dos au mur par les problèmes et les retards, engagera Robert Zemeckis, qui refusera dans un premier temps, puis acceptera à la condition d'avoir le contrôle artistique total sur le film. Carl Sagan, hélas, ne verra pas les résultats de tous ses efforts. Il décèdera pendant le tournage. Le film lui est dédié.


Les projets à problèmes donnent rarement de bons films. On est donc d’autant plus surpris que non seulement Contact ne porte pas les séquelles d’un développement houleux, mais soit en plus l’un des films de science-fiction les plus stimulants de ces dernières années. Dans le sillage d’une intrigue passionnante, le film soulève toutes sortes de questions sur la science et son rapport avec la religion ou la politique. Sans jamais tomber dans le prêchi-prêcha, Contact touche du doigt toutes les implications que pourrait entraîner son sujet, et s’ancre dans un profond réalisme. Sérieux mais jamais didactique, le film reste avant tout un spectacle, avec tout ce que cela peut supposer de démesure et d’émotion.
 
 
 
Robert Zemeckis est particulièrement à l’aise dans son sujet, et cela se sent à chaque séquence. Démêlant, parfois simplifiant certains détails, il sait constamment rester à la portée de son public et ne pas noyer le spectateur sous du jargon pseudo-scientifique. Réalisateur très visuel, et bénéficiant ici d'une liberté artistique totale, Zemeckis met à profit son habileté à manier les trucages invisibles pour mieux les mettre au service de son histoire. Le film regorge ainsi de séquences formidablement pensées, dont les effets spéciaux très élaborés ne jouent pas l’épate mais s’intègrent naturellement à la narration. Et lorsque le film joue à fond la carte du grand spectacle, le résultat est à la fois irréel et poétique.


 
On a reproché au film de se terminer en queue de poisson, par une séquence spatiale caricaturale. Il fallait effectivement oser prendre à rebrousse-poil les attentes du spectateur, puisqu’en définitive, la recherche de la vie extra-terrestre finit par une quête intérieure, et le « contact » tant attendu est basé sur des représentations enfantines contenues dans l’esprit de l’héroïne. En même temps, ce moment si casse-gueule sait se charger d’une formidable émotion lorsqu’il évoque le père d’Ellie et sa disparition. Le film répond à sa manière aux croyances de chacun et intègre l’élément SF dans des résonnances personnelles. Même si la démarche n’est pas complètement réussie, elle a le mérite d’avoir été tentée et d’émouvoir de façon juste.


 
Une grande partie de la réussite du film repose sur les épaules de Jodie Foster. Avec sa carrière un peu atypique, elle ressemble beaucoup au personnage d’Ellie, à la fois fragile et déterminée. Tous les aspects les plus intimes et personnels de l’histoire reposent sur la conviction de l’actrice et elle livre vraiment une performance extraordinaire. Son monologue final, dans lequel elle tente d’expliquer ce qu’elle a vécu à une assemblée incrédule, est un moment vraiment admirable et chargé d’émotion. Pourtant tout aussi périlleux que la séquence de la rencontre proprement dite, il est sublimé par une performance simple et forte.


 
Belle réussite également, sur le plan musical : Alan Silvestri, compositeur attitré du réalisateur, livre ici une partition pleine de finesse et de sensibilité. Si la musique évoque parfois celle de Forrest Gump, Silvestri sait renforcer avec talent certaines séquences-clé comme celle du départ d’Ellie ou du sabotage de la machine. Seul élément un peu daté du film, certains effets spéciaux (la machine et ses anneaux) paraissent un peu justes et trahissent leur origine infographique.
 
 
 


Contact est donc à marquer d’une pierre blanche dans un genre où il était devenu presque habituel de rester au ras des pâquerettes. Sans posséder l’ampleur d’un 2001, le film de Zemeckis est très ambitieux (trop, diront certains) dans sa volonté de manier de grandes questions philosophiques ou théologiques. Et même s’il n’apporte pas de réponses, il a au moins le mérite d’inciter à la réflexion, ce que bien peu de films du genre ont fait avant lui. Contact désarçonne par son côté atypique et son mélange de réalisme, de poésie et de fantastique. Même s’il n’atteint pas toujours son but, il reste tout de même passionnant de bout en bout et reste à coup sûr l’une des œuvres les plus singulières de son auteur.

 


Le Trombinoscope :
Casting très divers et varié pour  ce film. Robert Zemeckis, fort du succès de Forrest Gump, a pu obtenir pas mal de pointures, dont James Woods et Angela Bassett, pourtant dans des rôles secondaires. Le film fait également un clin d’œil à Alien, dont il récupère deux acteurs, Tom Skerritt et John Hurt. Hurt, dont on ne dira jamais assez quel formidable acteur il est, excelle dans le rôle d’une sorte de Howard Hughes de l’ère spatiale. Jake Busey campe un méchant qui n'est pas sans rappeler celui qu'il interprétait dans The Frighteners, 3 ans auparavant, et enfin William Fichtner, un second rôle qu'on a toujours du plaisir à retrouver, est très émouvant dans le rôle du collègue aveugle d'Ellie.

Jodie Foster
Matthew Mc Conaughey
Tom Skerritt
John Hurt
James Woods
William Fichtner
Jake Busey

David Morse
Angela Bassett
Jenna Malone
Max Martini
Tucker Smallwood
Thomas Garner

 

 

Arrêts sur Images:


L'Ouverture:
Le début de Contact prend volontairement le contrepied de ce qui a pu se faire en matière de SF: pas de musique, mais un signal sonore strident, composé de bribes d'émissions de radio, de chansons, de discours. La caméra recule de manière vertigineuse depuis la Terre en passant par le système solaire et les galaxies, et les ondes radio semblent s'évanouir au fur et à mesure que nous nous éloignons. La dernière partie est ainsi complètement muette, jusqu'à ce toutes ces visions se transforment en une lueur qui s'avère être un reflet dans l’œil d'Ellie enfant.



 
Les effets spéciaux « invisibles » :
Robert Zemeckis a toujours été un réalisateur très visuel et friand de défis techniques. Il est aussi spécialiste des effets spéciaux « invisibles », qu’il utilise pour accentuer l’impact d’une scène. L’un des plus beaux exemples dans Contact est la séquence de la mort du père d’Ellie. C'est une sorte de trompe l'oeil qui se remarque à peine: la séquence nous la montre en train de courir pour aller chercher des médicaments, jusqu’à ce qu’on se rende compte que la scène était en fait reflétée dans le miroir de l’armoire à pharmacie.
 
 
La scène a été filmée en deux fois : d’abord l’armoire tapissée d’un écran bleu, puis le reflet d’Ellie, dont les déformations ont été ajoutées par infographie.
 
 
 
La manipulation des images d’archives :
Contact continue les expérimentations de Forrest Gump, dans lequel Zemeckis avait inséré l’acteur Tom Hanks dans un film d’archives avec le président Kennedy. Ici, c’est l’image de Bill Clinton qui a été utilisée. La Maison Blanche, pourtant mise au courant du projet en amont, a moyennement apprécié le tour de passe-passe et a fait savoir par ses porte-paroles que l’image du président ne devait pas donner matière à ce genre de bidouillages.

 
 
 
L’attentat :
C’est le premier véritable moment fort du film, et il est principalement raconté du point de vue d’Ellie, qui devient le pivot de la séquence. Au début, elle est filmée de manière assez neutre, parmi le groupe de techniciens qui l'entoure, puis la caméra va la cadrer en plan de plus en plus serré au fur et à mesure que la tension monte. Son visage devient en quelque sorte le seul point de repère du spectateur, et la charge émotionnelle est d'autant plus grande qu'on sait qu'elle aurait pu être à la place du pilote de la capsule. Comme le veut le principe Hitchcockien, il faut d’abord donner une longueur d’avance au public, en lui faisant repérer avant tout le monde la présence du terroriste, sur lequel Zemeckis a attiré brièvement notre attention à plusieurs reprises. Puis c’est au tour d’Ellie d’identifier la menace et d’échafauder un plan pour le neutraliser, plan dont on pense qu’il a réussi jusqu’à ce que l’explosion survienne. Cette dernière est d'abord montrée de très loin, puis sur un moniteur télé, comme pour accentuer l'impuissance des techniciens qui en sont témoins. Le réalisateur coupe ensuite sur un plan large de la foule pour montrer la destruction, dont l’impact visuel est renforcé par la taille des débris et l’impressionnant nuage de fumée qu’ils soulèvent.

 
 
Le voyage :
C’est la séquence la plus spectaculaire du film, et elle comporte une assez grande variété d’effets spéciaux, qui rendent à la fois la sensation de vitesse mais aussi celle d’étirement du temps et de l’espace, avec des effets de filage sur le visage de Jodie Foster. Les effets spéciaux ont été réalisés par la société néo-zélandaise Weta, qui ont depuis assuré un travail monumental sur la trilogie du Seigneur des Anneaux. On peut dire que Contact a été leur "carte de visite" aux USA, car ils ont prouvé qu'ils pouvaient faire aussi bien (sinon mieux) que bon nombre de compagnies aussi réputées qu'ILM ou Digital Domain.


Un autre effet très discret, avec ce pendentif (une boussole) qui flotte en apesanteur. Il a été réalisé en images de synthèse et combiné avec des plans de l'actrice.
 
 
Le film utilise très discrètement le morphing lorsque Ellie, en apesanteur, a des visions dans sa capsule. Avec subtilité, les traits de Jodie Foster se métamorphosent en ceux de Jenna Malone, qui joue Ellie enfant. A noter que les deux actrices n'ont pas la même couleur d'yeux dans la réalité: d'où un autre effet numérique très discret pour gommer cette différence.
 
 
 
La plage :
Repoussoir pour beaucoup de spectateurs, la séquence de la plage, où se situe le « contact », est volontairement irréelle, dans la mesure où elle « matérialise » en quelque sorte le rêve d’enfant d’Ellie (on peut d'ailleurs apercevoir dans le film un dessin qui la représente). En ce sens, elle va contre les attentes du public, qui reste persuadé à ce stade du film que le voyage de l’héroïne est bien réel, alors qu’il ne s’avère être qu’une émanation de son univers intérieur.

 
La totalité de la séquence a été tournée sur fond bleu. La société d’effets spéciaux ILM a ensuite créé un panorama artificiel à 360° dans lequel ont ensuite été incrustés les acteurs.

lundi 16 avril 2012

Les Marches du Pouvoir (The Ides of March)

Film de George Clooney (2011), avec Ryan Gosling, George Clooney, Philip Seymour Hoffman, Evan Rachel Wood, Marisa Tomei, etc...
 


George Clooney est l’un des rares acteurs actuels (et même pratiquement le seul) à avoir brillamment négocié son passage à la réalisation. En plus de ça, Monsieur Nespresso a quand même l’audace de choisir des sujets qui ne sont pas forcément sexy ou vendeurs, et c’est une très bonne chose. Que ce soit dans le portrait d’un présentateur télé à la double vie (Confessions d’un Homme Dangereux) ou dans un réquisitoire courageux contre le maccarthysme (Good Night and Good Luck), il ne choisit pas la facilité et c’est tout à son honneur. 

On est donc d’autant plus navré d’avoir à égratigner un peu son dernier film, The Ides of March, un thriller politique un peu amorphe et pas aussi intéressant qu’il aurait pu l’être. Bon. Comme dans  pas mal de film américains avant lui, on y parle d’élections, de primaires, de sénateurs, de gouverneurs, bref on parlait de sujets peu sexy, celui-là est effectivement aussi excitant que la lecture d’une police d’assurance. Sauf que des réalisateurs comme Pakula ou même Barry Levinson avec son tordant Des Hommes d’Influence ont prouvé qu’il était possible justement de captiver le spectateur  avec de telles histoires. Ici, on suit Ryan Gosling, qui joue le chef de campagne du beau George et qui va se rendre compte que celui pour qui il travaille n’est pas blanc-blanc et qu’il y a pas mal de magouilles planquées sous le tapis… Déjà, on se fume une bonne quantité de scènes à faire (meetings, pourparlers avec les adversaires, etc…) pas franchement passionnantes et pas toujours évidentes à suivre pour qui n’a pas totalement assimilé les mécanismes électoraux américains. Puis, l’intrigue se corse avec un personnage féminin qui va être le déclencheur de pas mal de choses, et le film commence à devenir intéressant sous ses allures de pseudo-thriller. Manque de bol, tout est très vite plié, allez hop, zou, rentrez chez vous, c’est fini ! Donc résultat des courses, malgré de bons acteurs et une mise en scène carrée, The Ides of March nous laisse sur notre faim. 

George, laisse tomber le déca !


mardi 3 avril 2012

Carnage

Film de Roman Polanski (2011), avec Jodie Foster, John C; Reilly, Kate Winslet, Christoph Waltz.
















A priori, le pitch du dernier Polanski était alléchant : un huis-clos à quatre personnages, deux couples de parents qui se déchirent autour d’une dispute entre leurs enfants. En plus, casting béton : Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz (découvert dans le Inglorious Basterds de Tarantino) et enfin John C. Reilly (Magnolia). Bref, que du plaisir en perspective, surtout avec un titre pareil! Malheureusement, force est de reconnaître qu’on est loin du compte et que ce Carnage est loin de figurer parmi les œuvres marquantes du réalisateur. Alors quoi ?

La base pour ce genre de confrontation, c’est, déjà, un texte béton, et on ne peut pas vraiment dire que ce soit le cas ici. En regardant le film, je ne cessais de penser à un réalisateur comme Mankiewicz, qui savait faire de ces joutes verbales quelque chose de cinématographiquement stimulant. Et pour cause : il y avait chez lui des personnages qui existaient véritablement, mais aussi un sens de la dramaturgie, avec une subtile montée en puissance de la tension, bref des tas de choses qui distinguaient ses films du simple théâtre filmé. En clair, ce n'est pas parce qu'un film était hyper-dialogué qu'il était forcément chiant, bien au contraire.

Dans Carnage, le problème c’est que d’entrée du jeu, on a beaucoup de mal à s’identifier à ces deux couples de bobos et que plus on en apprend sur eux, moins on les trouve attachants. Donc, en définitive, on finit par se retrouver devant un jeu de massacre qui tourne à vide, malgré le talent indéniable des acteurs qui se donnent à fond. Polanski avait prouvé, avec l’excellent La Jeune Fille et la Mort, qu’il savait transcender les origines théâtrales d’un scénario pour en faire quelque chose de fort et d’intense. On regrette qu’il n’ait pas bénéficié ici d’une matière aussi riche.

jeudi 22 mars 2012

La Relève

(The Rookie)

Film de Clint Eastwood (1990), avec Clint Eastwood, Charlie Sheen, Raul Julia, Sonia Braga, Lara Flynn Boyle, etc...























A présent qu’il a fait la preuve de son immense talent, c’est toujours un peu marrant de revoir Eastwood dans ses rôles de flic bourru et franc du collier. Au Strapontin, on avait gardé un souvenir plutôt bon de The Rookie. Des années plus tard, il faut reconnaître que le film ne tient pas vraiment la route, et se révèle être un des plus faibles qu’Eastwood ait pu signer.



En fait, le gros défaut de The Rookie, c’est son côté trop « fabriqué », un peu comme si le film se résumait à une accumulation de recettes mises bout-à-bout. Si encore Eastwood n’était pas dupe de cette approche et la tournait en dérision, cela pourrait passer. Mais il est clair qu’il ne s’agit là pour lui que d’un produit de série, et il assure donc le strict minimum : un personnage principal directement inspiré de Dirty Harry, un duo de flics parce que les buddy movies cartonnaient à l’époque, une méga-explosion à la Die Hard… J’en passe et du moins bon. Si l’idée d’associer notre bon Clint à Charlie Sheen peut sembler prometteuse, le duo ne fait jamais véritablement d’étincelles, pas vraiment aidé, il faut dire, par des dialogues plutôt médiocres.



De même, tout ce qui tourne autour du personnage de Sheen, que ce soit dans ses relations avec ses parents ou son trauma d'enfance, est sous-exploité.
The Rookie met trois plombes à démarrer et à poser ses enjeux, et malgré tout le talent de Raul Julia, le méchant n’est guère impressionnant. Vers les deux-tiers, le film semble trouver son rythme et suscite un peu plus d’intérêt, mais avouons-le, Eastwood ne s’est pas vraiment foulé question mise en scène : c’est paresseux au possible, ce qui pour un thriller est tout de même un sacré handicap.





Si Clint Eastwood est un cinéaste passionnant, c’est aussi parce qu’il a su acquérir une indépendance financière en tournant des films comme celui-ci, conformes à un certain cahier des charges. Le fait qu’il se vautre dans les tics du cinéma d’action des années 90 n’aide pas The Rookie, bien au contraire, tant il synthétise tout ce que le genre pouvait avoir de creux et d’artificiel. On sourira donc devant les figures imposées, dont une scène de cul totalement gratuite qui aura au moins le mérite de faire sourire. Désormais, on sait Clint capable de largement mieux.






Un petit mot quand même sur la gargantuesque explosion, qui mériterait de figurer au panthéon des effets spéciaux par sa démesure. Le véhicule n'était pas un vrai - heureusement - et la détonation fût une des plus importantes jamais effectuées à Los Angeles. Une séquence ébouriffante - même si totalement andouille dans son principe - qui figurera d'ailleurs en bonne place sur le matériel publicitaire du film, tant affiche que bande-annonce.



mardi 20 mars 2012

Astérix et Obélix : Mission Cléopatre

Film d'Alain Chabat (2002), avec Christian Clavier, Gérard Depardieu, Jamel Debbouze, Monica Bellucci, Claude Rich, Alain Chabat, etc...


















Au Strapontin, on a toujours été bon client d’Alain Chabat et des Nuls. Partant de là, j’avais gardé un souvenir plutôt pas mauvais de cet Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre qui, à côté du premier film commis par Claude Zidi, m’avait paru bien plus fidèle à l’œuvre d’Uderzo. A la revoyure, pourtant, je dois avouer une certaine incompréhension : étais-je gazé par le battage organisé autour de la sortie du film ? Ou bien avais-je été très très indulgent vis-à-vis de son réalisateur ?… Mystère ! Peut-être aussi qu’entre-temps, la réussite artistique du Tintin de Spielberg aura fait réfléchir pas mal de monde sur l’impossibilité d’adapter une BD au cinéma. Toujours est-il que cette Mission Cléopâtre m’a parue bien poussive comparé à la légèreté dont Chabat réalisateur avait su faire la preuve dans son sympathique Didier. Si dans les décors et certains effets spéciaux, le film est effectivement assez conforme à l’album, il est plombé par le défilé incessant et systématique des stars Canal ou des potes à Chabat. Quant à Jamel, dont je suis plutôt bon client d’habitude, que dire ? Il fait du Jamel et monopolise l’écran. Si encore c’était drôle et un tant soit peu écrit, on n’aurait rien contre, mais comme les ¾ de ses vannes tournent autour de mots écorchés ("Astérisme", "Panoramisme" et ainsi de suite), ça devient un peu lassant à la longue. Le personnage de Numérobis n’a plus grand-chose à voir avec la BD, et Mission Cléopâtre présente finalement les mêmes défauts que le premier épisode, à savoir qu’il joue à fond sur des choix de casting  surprenants (« Tiens si on prenait untel pour jouer machin ») qui provoqueront la curiosité du public, mais qui, au final, ne laissent pas beaucoup de place au talent des comédiens. Claude Rich est transparent en Panoramix et Monica Bellucci insignifiante en Cléopâtre. Quant à Astérix et Obélix, ils sont plus effacés que dans le premier film, ce qui est loin d’être un défaut, du moins pour le détracteur de Christian Clavier que je suis.

vendredi 16 mars 2012

The Artist

Film de Michel Hazanavicius (2011), avec Jean Dujardin, Bérénice Béjo, John Goodman, James Cromwell, Penelope Ann Miller, etc...
















 

On a tellement bouffé du The Artist ces derniers mois qu’il y avait de quoi agacer même les plus réfractaires. Excusez du peu : un film français qui cartonne aux Golden Globes et aux Oscars, ça faisait belle lurette que ça ne nous était pas arrivés ! Donc du coup, autant pour notre fibre franchouillarde. Au-delà de ce que pouvait valoir le film, il y avait quand même une certaine fierté de s’être imposé avec une œuvre au concept aussi casse-gueule. C’est donc avec une certaine curiosité que le Strapontin attendait de découvrir le nouveau film de Michel Hazanavicius , tout en restant quand même un peu dubitatif. Woody Allen, Terrence Malick et Martin Scorsese coiffés au poteau par le réalisateur d’OSS 117 ??? Fallait voir !

A la base, c’est vrai que l’idée était intrigante : réaliser un film muet à une époque où on ne bouffe pratiquement plus que des grosses machines à effets spéciaux, ça tenait de la gageure ! Et c’est effectivement un bien beau concept auquel toute l’équipe du film a apporté un soin incroyable dans la reconstitution. Hazanavicius avait déjà prouvé avec ses précédents films qu’il savait parfaitement saisir l’essence d’un genre cinématographique donné et le restituer à l’écran. Le problème, c’est que, un peu comme dans ses autres œuvres, le résultat tient un peu de la coquille vide et ne semble pas très bien savoir ou il va. Son OSS 117, s’il capturait à merveille l’ambiance des films d’action des années 50, préférait miser sur un humour à la Y’a-t’il un Flic qui n’avait pas grand-chose à voir avec le héros de Jean Bruce (tant mieux, diront certains).



Ainsi, le film emprunte allègrement aux grands classiques qui l’ont précédé, quoi de plus logique. L’histoire est calquée sur celle d’Une Etoile est Née, par la mise en parallèle de la déchéance d’une star avec le succès de sa protégée. Le cadre, quant à lui, évoque Chantons sous la Pluie, avec le passage du muet au parlant. Là où ça coince, c’est qu’il n’y a pas réellement de substance dans tout ça. Les personnages ne sont pas véritablement attachants, et en dépit de petites touches finement observées. The Artist, c’est un peu comme l’intro d’OSS 117 (pas ce qu’il y avait de mieux dans le film, soit dit en passant) étirée sur 1 h 40. 


Assez curieusement, le seul instant de véritable émotion triche un peu avec l’approche minimaliste du reste du film. La scène finale est en effet accompagnée du thème d’amour de Vertigo, et c’est un joli moment. La musique de Bernard Herrmann ferait fondre des pierres, c’est sûr, mais en l’occurrence, elle apporte une épaisseur dramatique et émotionnelle assez bienvenue. Maintenant, que dire de la performance de Jean Doujardine ? Honnêtement, j’aime bien l’acteur donc loin de moi l’idée d’en dire du mal. Ceci dit, est-ce que ça valait un Oscar ?  Personnellement, je pense que non, même si la faute est plus à imputer à un personnage insuffisamment développé dans le scénario qu’à la performance elle-même.





The Artist fait partie de ces films qu’on voudrait aimer tant il possède de bonnes choses pour lui. Malheureusement, il lui manque l’essentiel, à savoir une vraie personnalité et une profondeur. Cela en aurait fait autre chose qu’un simple divertissement, dont on se demande bien qui il pourra séduire, hormis une poignée de cinéphiles, tant il est à contre-courant de ce que peuvent être les attentes du public actuel. Un beau pari, certes, mais, en dépit de ses récompenses, certainement pas un grand film. 


Le Trombinoscope:
L'élément le plus surprenant du film, c'est son casting qui, à l'exception des deux rôles principaux, est intégralement américain. Et pas du n'importe quoi puisqu'on y retrouve, entre autres, John Goodman et James Cromwell, mais aussi un "second couteau" méconnu comme Ed Lauter ou des revenants comme Penelope Ann Miller et Malcolm Mc Dowell. Un bon point, donc, pour cette distribution plutôt inhabituelle. Ah, et le chien est très bien!

Jean Dujardin
Bérénice Bejo
James Cromwell
Penelope Ann Miller
John Goodman
Malcolm Mc Dowell
Ed Lauter
Uggie