Film de Cameron Crowe (2011), avec Matt Damon, Scarlett Johansson, Thomas Haden Church, Colin Ford, Maggie Elizabeth Jones, etc...
Au hit-parade des idées les plus improbables, celle-ci mériterait de décrocher le pompon ! Jugez un peu : une famille qui achète et retape un zoo ! Et pourtant, si : tout cela est bel et bien inspiré d’une histoire vraie. On voit bien ici la matière propre à chatouiller la fibre de la success story à l’Américaine, celle qui sait triompher de l’adversité et donner vie aux projets les plus tordus. Tout ça, c’est très bien, mais est-ce que ça fait un bon film ? Assez curieusement, oui.
Pourtant, We Bought A Zoo avait de quoi aligner
les poncifs et les clichés les plus usés : le père de famille ultra-cool
et veuf, le fils rebelle, la petite fille choupinette, la gardienne de zoo
mignonne comme tout, le frangin qui n’y croit pas… Bref, tous les ingrédients sont
au rendez-vous pour nous pondre un bon gros mélo des familles, qui fera pleurer
dans les chaumières. A priori, pas la came du Strapontin. Pourtant, surprise, on
finit par se laisser prendre au jeu et
le film de Cameron Crowe, s’il n’est pas révolutionnaire, s’avère fichtrement
agréable.
Crowe n’est pas non plus le
dernier des nullards, puisqu’il a quand même signé des films comme Jerry Maguire ou Presque Célèbre. Si au départ on est un peu
déconcerté de le voir au générique d’un tel projet, il faut avouer qu’il s’en
sort plutôt bien, soutenu par un Matt Damon excellent. Si l’acteur a toujours
eu du mal à me convaincre, son jeu cool et décontracté est une rupture agréable
avec les personnages un peu constipés dont il s’était fait une spécialité. Il
est idéalement secondé par Maggie Elizabeth Jones qui, du haut de ses 9 ans,
lui donne la réplique avec un naturel et une spontanéité proprement
confondants.
Tout l’aspect plus émotionnel du film, ces petits apartés sur le deuil et l’absence sont amenés avec beaucoup de tact et de finesse, sans mièvrerie aucune. Et si le film a légèrement tendance à nous rouler dans la farine avec des situations un peu faciles (l’orage qui se dissipe pile poil quand il faut), il se rachète amplement par sa gentillesse et son bon esprit. Pas révolutionnaire donc, mais définitivement sympathique.

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